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Effraie des clochers

Effraie des clochers

Qui n’a jamais vu passer en vol, de nuit, dans le rayon des phares de voiture un oiseau « tout blanc » ? Son aspect « fantomatique » et son chuintement dans les greniers lui ont valu une mauvaise réputation durant très longtemps : le fait de clouer une Effraie sur la porte de sa maison semblait éloigner les mauvais esprits !

Caractéristiques

Avec son disque facial en forme de cœur, son manteau gris rouille perlé de blanc, le dessous des ailes et le ventre d’un blanc quasiment immaculé en vol, l’Effraie est tout sauf démoniaque ! Sous nos latitudes, la teinte du corps peut varier d’un individu à l’autre. Il peut prendre tous les tons, du blanc immaculé jusqu’au roux perlé de noir. L’Effraie mesure une quarantaine de cm pour une envergure d’environ 85 cm. Son régime alimentaire est composé essentiellement de micromammifères (campagnols, musaraignes et mulots). Elle varie parfois son menu avec des oiseaux capturés dans les dortoirs.

Effraie des clochers
© Hervé MICHEL - www.oiseaux-nature.com

 

Répartition et effectifs

L’Effraie des clochers est une espèce cosmopolite, présente dans toute l’Europe (sauf en Scandinavie), en Afrique, en Amérique (sauf au Canada), au Moyen-Orient et jusqu’en Australie. C’est un oiseau adapté aux climats chauds.

En Suisse, cette chouette est présente uniquement sur le plateau, en faible densité, jusque vers 600 mètres d’altitude. Quelques couples se reproduisent aussi dans la basse vallée du Rhône, jusqu’à Sion environ (VS).

Entre 1998 et 2001, 48 territoires ont été recensés (espèce présente mais pas forcément nicheuse) lors de l’atlas des oiseaux nicheurs du Canton de Genève (B. Lugrin, A. Barbalat & P. Albrecht, 2003).

Ses effectifs fluctuent très sensiblement d’une année à l’autre, en fonction des ressources en nourriture et des conditions météorologiques. Sur le canton de Genève, entre 2006 et 2011, le nombre de couples nicheurs connus a varié de minimum 3 couples (2009) jusqu’à un peu plus d’une trentaine (2007) ! Deux causes peuvent en effet être retenues pour expliquer de telles différences entre certaines années. D’une part, l’Effraie est très sensible au froid et perd très vite ses réserves de graisse durant ces périodes-là. D’autre part, la couverture neigeuse empêche la chouette de chasser, et donc de maintenir ses réserves adipeuses. Elle est capable de jeûner plusieurs jours mais ne doit pas descendre en dessous d’un seuil de poids critique. Au-delà, c’est la mort. De ce fait, un grand nombre d’individus, notamment les jeunes de l’année, meurt de froid. L’hiver 2008-2009 a été très rigoureux et bien enneigé, donc dévastateur. Bien entendu, il reste suffisamment d’oiseaux au printemps suivant pour que plusieurs couples puissent procréer. Toutefois, tous les individus ne vont pas nicher et resteront célibataires et discrets durant la belle saison. Pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas assez de nourriture pour élever des poussins, mais juste ce qu’il faut pour qu’un individu puisse passer la belle saison sans difficulté.
Pour palier à ces extrêmes, la nature a tout de même bien fait les choses. L’Effraie est très prolifique. Elle peut, en effet, élever en une nichée jusqu’à neuf petits ! Et, lorsque les conditions le permettent, elle peut même élever une seconde nichée directement après la première.

 

http://files.biolovision.net/www.gobg.ch/userfiles/territoire2016.JPG

 

Nombre de poussins entre 2006 et 2016

http://files.biolovision.net/www.gobg.ch/userfiles/poussins2016.JPG

Habitat

Sur le canton, L’Effraie des clochers niche presque exclusivement dans des bâtiments ruraux (hangars, granges, greniers de fermes et églises) et, rarement, dans des clochers d’églises de campagne. C’est une espèce qui adopte volontiers les nichoirs mis à sa disposition. Rares sont encore les couples qui nichent sur la paille ou sur les poutres dans les granges. Quarante nichoirs ont été posés entre les années 80 et 2011.
 

Contrôle d'un nichoir à effraie des clochers

 

Programme de conservation

La « Dame Blanche » fait partie des 50 espèces prioritaires retenues dans le cadre du Programme de conservation des oiseaux en Suisse. Un programme de monitoring a été mis sur pied depuis plusieurs années par la Station ornithologique suisse de Sempach visant à maintenir, voire augmenter, les populations d’Effraie et de Faucon crécerelle.

Sur le Canton, à partir des années 80, des nichoirs ont été posés dans plusieurs bâtiments agricoles par le Centre ornithologique de réadaptation de Genthod. A partir de 2001, un suivi plus soutenu s’est mis en place sous la responsabilité de Sébastien Miazza, puis a été repris, dès 2006, par Florian Steiner.

Depuis 2001, les objectifs principaux ont été de faire un état des lieux des sites de nidification de l’Effraie en nichoir, de maintenir ces endroits, voire de les remettre en état et, parallèlement d’organiser un suivi de la population. Depuis 2006, ce programme s’inscrit dans le monitoring mis en place par la station ornithologique de Sempach.

 

Perpectives

Malgré des fluctuations de populations qui peuvent être extrêmes d’une année à l’autre, la pose de nichoirs depuis un certain nombre d’années a permis à cette belle chouette de maintenir ses effectifs sur Genève. Cependant, la présence de l’espèce n’a pas pu être établie dans toutes les régions favorables du canton. Il est donc primordial de pouvoir réussir à récolter des données dans ces zones-là.

Tout en maintenant la pose de nichoirs et le suivi de ces derniers, il est important à l’avenir d’agir de manière plus globale. Etant donné que la Chevêche d’Athéna, notamment, et l’Effraie des clochers utilisent les mêmes espaces de chasse et exploitent en partie les mêmes ressources alimentaires, les objectifs visés à moyen terme pour la Chevêche pourraient aussi servir l’Effraie : amélioration de la qualité des zones de chasse et préservation d’espaces agricoles diversifiés.

 

Reprises

Nous terminerons sur une petite anecdote très « chouette ». Nous ne nous étendrons pas sur ce point-là pour le moment car il fera l’objet d’une autre présentation plus tard sur le site. Mais nous tenions tout de même à vous transmettre une reprise surprenante qui a eu lieu le 13 août 2010 aux Teppes de la Repentance (F). Lors d’une nuit de capture pour un inventaire des chiroptères de la commune de Viry (F), quelle ne fût pas la surprise de Cyril Schönbächler de retrouver une Effraie prise dans les filets ! Chose encore plus surprenante, elle était baguée ! Cette Effraie a été baguée le 28 avril 2007 à Avusy (GE) en tant que mâle adulte (> ou = 3AC) puis contrôlée la même année au même endroit le 22 septembre. Il faut attendre le 23 mai 2010 pour retrouver ce même individu en couple avec une nichée de 9 poussins à Athenaz (GE), avant qu’elle ne se prenne dans les mailles à la Repentance, presque trois mois après !

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Contact :

Florian Steiner : florian.steiner@gobg.ch

 

Ressources :

 

Références Bibliographiques :

  • LUGRIN B., BARBALAT A. & ALBRECHT P. – 2003 – Atlas des oiseaux nicheurs du Canton de Genève / Ed. N. Junod. 381 p.
  • CORA Faune Sauvage – 2010 – Premier inventaire des Chiroptères dans les APPB de la commune de Viry (Haute-Savoie). 30 p.

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Biolovision Sàrl (Switzerland), 2003-2017