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Crozet

Crozet

Crozet, Ain – 490 / 126, 550 m
Carte n°1280 Gex

 

Le pied du Jura possède une combinaison de milieux rares dans le bassin lémanique. Entre plaine et montagne, une zone de bocage et de prairies s’étend entre 500 et 650 mètres d’altitude, association entre des prairies maigres, des haies, des zones buissonnantes, des bosquets de chênes et de châtaigniers. Exposés plein sud, ces biotopes jouissent d’un ensoleillement maximal qui plait beaucoup à de nombreuses espèces thermophiles. La région entre les villages de Crozet et de Villeneuve, à une quinzaine de kilomètres de Genève, dans le département de l’Ain, reste, malgré le développement urbain qui touche tout le pays de Gex, l’un des meilleurs exemples de ces milieux avec le secteur de Vesancy, un peu plus loin entre Gex et Divonne.

Il ne s’agit pas d’un site prestigieux où l’on viendra rechercher des oiseaux particulièrement rares, des migrateurs égarés ou des concentrations importantes d’oiseaux, mais bien davantage d’un milieu qu’il convient d’explorer tranquillement et qui réserve bien des petites surprises et en fin de compte une variété surprenante d’espèces, que ce soit des oiseaux, des fleurs et plus particulièrement les orchidées ainsi que des reptiles. Ce milieu est malheureusement en grand danger : les prairies sèches se boisent, les villas grignotent gentiment le pied du mont, les vieux arbres disparaissent et ne sont plus remplacés et les développements pour la petite station de ski de Crozet n’arrangent rien.

 

Pie-grièche écorcheur
Pie-grièche écorcheur mâle à Crozet, mai 2010 - A. Barbalat

 

Villeneuve

En arrivant depuis la plaine, on peut prendre une petite route sur la gauche et se parquer à côté d’une station de pompage sur une petite butte en face du village de Villeneuve. De là, une route agricole part à l’ouest et permet de se promener tranquillement dans un milieu ouvert avec quelques haies basses et des arbres isolés. C’est là qu’il faut chercher des espèces champêtres comme l’Alouette des champs, le Faucon crécerelle, la Caille des blés, le Tarier pâtre, la Fauvette grisette, le Bruant jaune et la Pie-grièche écorcheur. Le Bruant proyer et le Tarier des prés ont longtemps habité ces prairies, mais les nicheurs semblent avoir définitivement abandonné le site.

En revenant vers le village de Villeneuve, de vieux vergers de part et d’autre de la route ont résisté au temps et ont permis jusqu’à récemment à la Chevêche d’Athéna de se maintenir alors que la situation de ce nocturne dans le Pays de Gex est devenue précaire. Malheureusement cette espèce est venue s’ajouter à la liste d’oiseaux disparus de la zone. Pour l’anecdote, dans les années 80, des Vanneaux huppés ont niché plusieurs années de suite dans les champs entre la station de pompage et le village, mais ils ont rapidement disparu lorsque l’espèce s’est retirée de tout le bassin genevois.

 

Chemin agricole dans le bocage à Crozet
Chemin agricole dans le bocage - A. Barbalat

 

Si l’on continue à monter la route entre les maisons au-dessus du village en prenant légèrement sur la gauche, on arrive dans un secteur de bocage juste en dessous de la forêt. Des murets de pierres sèches séparent encore certaines parcelles et témoignent du travail qui avait été effectué là pour rendre ces surfaces utiles à l’agriculture. C’est le domaine du Torcol fourmilier, du Pic vert, du Pipit des arbres, de la Grive draine, de la Fauvette des jardins, du Gobemouche gris, de la Sittelle torchepot, du Geai des chênes et du Bruant zizi.

Il y a quelques années, la présence du Pic mar a été mis en évidence au pied du Jura, tout comme dans d’autres secteurs où l’espèce n’était pas connue jusqu’alors (voir notre article dans Nos Oiseaux). Bien que clairsémés, plusieurs territoires se trouvent à Villeneuve et à Crozet, notamment dans le secteur décrit ci-dessus.

 

Crozet

En arrivant au village de Crozet, on est surpris de trouver un village rénové et propret qui s’est beaucoup transformé dans les dernières années, lorsque les vieilles maisons ont été rachetées et retapées. Les abords mêmes du village ne sont plus guère intéressants pour les oiseaux, bien que l’on y trouve les Rougequeues noirs et à front blanc, la Bergeronnette grise et une colonie d’Hirondelle de fenêtre, les milieux se sont dégradés et des espèces encore présentes dans les années 80 comme la Chevêche d’Athéna, le Tarier des prés et la Pie-grièche à tête rousse ont disparu.

Du village, on peut prendre une route qui rejoint le télécabine de Crozet. Un vaste parking y a été récemment agrandi pour accueillir les skieurs l’hiver venu. Une route à sens unique a même été construite afin de permettre aux voitures de redescendre vers le village en faisant une boucle pour fluidifier le trafic. Le résultat a évidement été extrêmement dommageable pour le site puisque la principale prairie du secteur a été coupée en deux. Depuis le parking, on peut escalader la prairie sèche en forte pente sur la droite du télécabine et trouver un chemin entre les buissons afin d’atteindre un replat au sommet duquel on jouit d’un magnifique panorama sur tout le bassin genevois. En montant, on ne manquera pas d’entendre la Fauvette des jardins, le Pouillot de Bonelli, le Pipit des arbres et le Bruant zizi. Le sommet est un poste d’observation idéal pour les rapaces et autres espèces de grande taille: Milan noir, Buse variable, Bondrée apivore, Autour des palombes, Épervier d’Europe et Faucon crécerelle. En scrutant les crêtes du Jura on peut observer le Grand Corbeau et l’Aigle royal fait régulièrement des incursions dans ce secteur. Des rapaces de passage y sont aussi notés comme les Busards (3 espèces), le Milan royal, le Faucons hobereau et exceptionnellement le Circaète Jean-le-Blanc.

Ce secteur était également le terrain de chasse de l’Engoulevent d’Europe. Un chanteur s’est encore maintenu jusqu’à la fin des années 90, mais il ne semble plus avoir été entendu ces dernières années, mais avec un peu de chance ont peut toujours espérer rencontrer cette espèce devenue rarissime dans la région. Par les belles soirées de juin, en espérant l’Engoulevent, on a de bonnes chances d’entendre une ou plusieurs Chouettes hulottes cantonnées dans les forêts du Jura et de jeunes Hiboux moyen-ducs qui crient un peu plus bas dans la plaine.

 

Migrateurs

En automne, c’est un point de vue privilégié pour suivre la migration, particulièrement en octobre lorsque la migration des Pigeons ramiers et des passereaux bat son plein. Le site n’est évidemment pas aussi bien placé stratégiquement que le Fort l’Écluse, dont on aperçoit le défilé dans le lointain, mais il permet d’observer les oiseaux d’assez près lorsqu’ils passent en petites bandes longeant les flancs du Jura. Les Pinsons des arbres peuvent ainsi être observés par milliers. D’autres espèces comme les Chardonnerets élégants, les Verdiers d’Europe, les Linottes mélodieuses, les Tarins des Aulnes, les Grosbecs cassenoyaux, les Pipits farlouses, les Hirondelles rustiques et de fenêtre, les Grives musiciennes et mauvis, les Alouettes des champs et lulu, les Corbeaux freux et les Choucas des tours sont des espèces que l’on observe facilement, et que l’on repère surtout si on arrive à reconnaître leurs cris. Quant aux Ramiers, ils passent souvent en vols compacts, parfois haut le long des cimes du Jura, parfois beaucoup plus bas et il est alors possible de repérer quelques Pigeons colombins parmi eux. L’automne est également la période où les Cassenoix mouchetés descendent des forêts du Jura pour aller chercher des glands et des noisettes dans les feuillus du pied du mont.

Les champs sous Crozet et Villeneuve, en particulier le secteur des « Reinnets » sont souvent utilisés par des passereaux en escale: Traquets motteux, Tariers de prés, Pipits des arbres, Bergeronnettes printanières bien sûr, mais aussi des espèces moins courantes telles que le Pipit rousseline ou le Bruant ortolan. Une Locustelle tachetée ou quelques Rousserolles effarvattes peuvent se dissimuler dans les champs de maïs, alors qu’il convient de fouiller les buissons pour trouver une Fauvette babillarde ou autre pouillot en escale. La Pie-grièche grise hiverne chaque année dans ce secteur.

 

Pipits rousselines
Pipits rousselines en escale aux "Reinnets", mai 2007 - B. Piot

Si l’hiver n’apporte généralement que peu d’observations sur le haut des prairies sèches, bien que quelques chanceux y aient observé le Bruant fou et la Niverolle des Alpes, le début du printemps voit souvent arriver les Merles à plastrons qui séjournent quelques jours en attendant que la neige libère les alpages des sommets. On peut alors voir dix ou quinze de ces merles sautiller entre les herbes à la recherche de nourriture.

En continuant vers l’est sur la route de desserte du télécabine de Crozet, on redescend vers la route forestière où on rejoint également une autre prairie sèche, habitée au printemps par la Pie-grièche écorcheur, le Pouillot de Bonelli, la Fauvette des jardins et le Rossignol philomèle. L’Alouette lulu s’y est cantonnée plusieurs années, mais l’espèce est maintenant devenue bien rare au pied du Jura. Cette prairie est également remarquable pour ses orchidées dont on peut trouver plus d’une dizaine d’espèces. Dans la chênaie environnante, on entend souvent la Tourterelle des bois, le Coucou gris, les Pouillots fitis et véloce, les Grives musiciennes et draines ainsi que le Pic épeiche et le Loriot d’Europe.

 

Les Sources de l’Allondon

Du carrefour à l’entrée de Crozet, on peut soit revenir vers le parking du télécabine de Crozet ou continuer vers l’est en direction du village de Naz pour aller voir les sources de l’Allondon à 2 km de là. Dans un décor complètement différent, dans une forêt beaucoup plus humide, la rivière prend sa source dans une résurgence dans un site particulièrement enchanteur. Ce lieu, très fréquenté le week-end par les pique-niqueurs, n’en reste pas moins un site classique dans la région pour observer le Cincle plongeur et la Bergeronnette des ruisseaux qui vont et viennent le long du cours d’eau entre la route et la source. Des espèces différentes peuvent être observées dans la forêt environnante comme le Roitelet huppé, la Mésange huppée, la Mésange boréale, le Troglodyte mignon et le Bouvreuil pivoine.

 

Accès

Le pied du Jura n’est malheureusement pas accessible en transport public et il faut s’y rendre en vélo ou en voiture. De Genève, il faut aller en direction de Saint-Genis en traversant la frontière à la douane du CERN. Au grand rond point avant d’entrer dans Saint-Genis, il faut prendre à droite continuer en direction de Ferney-Voltaire. Environ 2 km plus loin, une bifurcation pour Crozet et son télécabine est indiquée et il faut prendre ensuite toujours tout droit en direction du Jura. Lorsque l’on arrive au pied de la montagne, on rejoint la route qui relie les villages du pied du mont et on peut prendre à gauche pour Villeneuve ou à droite pour Crozet. Entre Villeneuve et la source de l’Allondon, il y a environ 5 kilomètres, et il vaut la peine de passer une journée au printemps afin de parcourir tranquillement tous les milieux qui se trouvent entre la plaine et la montagne. En automne, par contre, il est plus intéressant de se rendre directement au parking du télécabine de Crozet et de monter au sommet de la prairie sèche afin d’observer pendant quelques heures le passage de la migration le long du Jura.

 

 

Modifié d’après Les Bons Coins de Suisse Romande (c) Groupe des Jeunes de Nos Oiseaux 2005. Texte original par Alain Barbalat

Dernires Observations :

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Biolovision Sàrl (Switzerland), 2003-2018