Réponses à notre son et à notre photo mystères n° 55

Il s’agit de la Sterne pierregarin (Sterna hirundo), migratrice au long cours qui hiverne dans les eaux tropicales. Chez nous, elle est visible dès le mois d’avril et se reproduit sur les bancs de galets, sur les côtes et les cours d’eau. La pression anthropique, toujours plus grande autour de nos lacs, a conduit à la disparition de ces habitats et les Sternes pierregarin se reproduisent aujourd’hui presque exclusivement sur des radeaux aménagés pour elles. D’abord installés à Verbois, ces radeaux connaissent également du succès à la Pointe à la Bise depuis 2024, sous l’impulsion de l’OCAN et du GOBG. En 2025, 40 couples ont été recensés sur les radeaux, avec 30 jeunes à l’envol.

Son mystère n° 55 : la Sterne pierregarin

Les Sternes pierregarin vivent en colonies souvent animées et bruyantes. Leurs cris incessants traduisent une certaine excitation, parfois agressive. Ce sont des cris aigres et stridents très variés : des kièrr ... kièrr traînants, des kiek ... kiek brefs ou des séries rapides de Kirikirikirikiri… Aux va-et-vient continus des adultes s’ajoutent les vagabondages des jeunes, le tout dans un concert assourdissant. 

 

L’image à identifier

Panure à moustaches mâle - Photo : Jérémy Gremion

Il s’agit d’une Panure à moustaches (Panurus biarmicus), plus exactement d’un mâle adulte. Le dimorphisme sexuel est très marqué entre mâles et femelles, ces dernières ayant un plumage moins vif et moins contrasté, avec une tête brun ocre sans "moustaches". Les jeunes aussi peuvent être facilement sexés. Ils ressemblent à la femelle, mais ont le dos et les côtés de la queue noirs. Les lores des jeunes mâles sont noirs et leur bec est jaune, tandis que les lores des jeunes femelles sont grisâtres ou bruns et leur bec est plutôt sombre.

La Panure à moustaches est généralement repérée grâce aux cris de groupe en vol : ping…ping…ping. Son chant est constitué de quelques motifs grinçants et indécis. L’espèce niche en colonie dans les vastes roselières des lacs et marais de plaine. Les couples se forment dès la fin de l’hiver et la construction du nid, la couvaison et le nourrissage des oisillons sont partagés à parts égales en le mâle et la femelle.

L’espèce est globalement sédentaire et les effectifs peuvent subir de fortes fluctuations durant la période hivernale, tandis que certaines petites populations migrent dans le sud de l’Europe.

La Suisse compte seulement 50 à 70 couples, ce qui confère à l’espèce le statut « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge (2021-24).

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