Réponses à notre son et à notre photo mystères n° 54
Il s’agit de la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides), fauvette aquatique très discrète et dont les émissions vocales s’apparentent davantage à une stridulation d’insectes qu’à un chant d’oiseau. Le mâle chante perché sur un roseau, parfois bien visible. Le chant est un trille comme celui de l’autre locustelle, la Locustelle tachetée, mais il est plus doux et moins métallique. Par rapport à cette dernière, sa stridulation se situe à une fréquence plus basse (4,2 KHerz au lieu de 5,5 KHerz).
Les cris sont des suites précipitées de tet tet tet… . L’autre différence marquante entre ces deux espèces voisines est leur habitat respectif. Si la Locustelle luscinioïde fréquente la roselière, essentiellement la phragmitaie pure, la Locustelle tachetée recherche des milieux incultes avec des hautes herbes et des buissons bas, en bordure de phragmitaie sèche.
En Suisse, elle est essentiellement confinée à la Grande Cariçaie sur la rive sud du lac de Neuchâtel, mais on peut l’observer parfois aussi régulièrement sur le plateau, notamment à Genève, aux marais de Sionnet, dès le début avril.
La locustelle luscinioïde figure dans la Liste rouge des espèces quasi menacées (NT). Sa population est estimée entre 500 et 800 couples (en 2025).
L’image à identifier
Bruant zizi femelle (mâle en médaillon) - Photo : Ralph Martin
Il s’agit du Bruant zizi (Emberiza cirlus), plus exactement d’une femelle adulte. Cette espèce ressemble superficiellement au Bruant jaune (Emberiza citrinella). La confusion reste cependant limitée aux femelles et aux jeunes. Ces dernières se distinguent assez facilement de la femelle du Bruant jaune à ses couvertures châtain, son croupion gris brun, les patrons de tête et de poitrine identiques à ceux du mâle, mais moins marqués et moins colorés. Elle est un peu plus petite avec une queue plus courte.
La femelle du Bruant zizi ressemble au mâle, mais elle est moins colorée.
Chez le mâle nuptial (en médaillon) c’est surtout le dessin de la tête qui frappe en premier : des bandes sombres et des bandes jaunes intercalées encadrent le bandeau oculaire sombre. De dos, ses parties supérieures sont contrastées, très châtain, et il n’a pas un croupion roux vif comme celui du Bruant jaune.
La présence de cette espèce est le plus souvent détectée à son chant. Ce dernier est une série de notes tintantes d'une durée de 2 à 3 secondes : zizizizizizizizi ... , onomatopée qui a donné le nom vernaculaire de l’espèce. Le rythme est constant mais la tonalité des notes peut varier selon les chanteurs. Le cri habituel est un siii incisif.
Le Bruant zizi recherche les milieux agricoles traditionnels, les petits bosquets, les zones buissonnantes, les haies et les vergers. A Genève, il est relativement abondant en Champagne. Sa population suisse a quasiment doublé depuis ces dix dernières années et oscille entre 2’000 et 3’000 couples (2025).