Réponses à notre son et à notre photo mystères n° 53
Il s’agit du Serin cini (Serinus serinus) qui possède un chant très particulier pour plusieurs raisons. Il s’agit d’un gazouillis si rapide que notre oreille n’en perçoit pas tous les éléments : il peut émettre jusqu’à 400 sons à la seconde, ce qui est bien au-delà de notre acuité auditive temporelle (à plus 20 sons à la seconde, nous ne percevons plus qu’un son unique, non dissocié). L’autre particularité est sa fréquence très élevée (au-delà de 10 kHerz), laquelle n’est plus audible à partir d’un certain âge.
Le Serin est très loquace et il se signale souvent par de longues strophes qu’il lance perché sur une haute branche, sur un fil ou au cours d’un vol sinueux et papillonnant. Il émet aussi de nombreux cris variés (de contact, d’alerte et cri de vol).
Le Serin cini est un oiseau de plaine ou de moyenne montagne, d'affinités méridionales, donc appréciant un bon ensoleillement. Son statut en Suisse est stable et non menacé. C’est un nicheur fréquent, hivernant plutôt rare. La population actuelle a été estimée à environ 40.000 couples (2013-2016).
L’image à identifier
Bouscarle de Cetti - Photo : Pascal Marti
Il s’agit de la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti), un petit passereau au plumage discret qui, par son bec fin et son allure, évoque une fauvette. Cependant, elle ne fait plus partie de cette famille (les Sylviidés), mais d’une famille qui lui est propre, les Cettiidae.
Les parties supérieures sont d'un brun chaud, nuancé de châtain. La tête présente un fin sourcil pâle qui parfois s'élargit en arrière de l'œil en devenant diffus. Les côtés du cou et de la tête sont gris et la gorge claire (blanc à crème). Le bec est fin, foncé avec la base de la mandibule inférieure plus pâle, rosée.
Elle pourrait être confondue avec la Locustelle luscinioïde, mais cette dernière est d'un brun plus froid, ne présente pas de nuance grise à l'avant du corps et possède un bec plus fort.
La présence de cette espèce est le plus souvent détectée à son chant explosif et très sonore car elle vit cachée dans le couvert de la végétation et se montre rarement. Dans les fourrés ou dans les roselières, elle se déplace en sautillant, d'une tige à l'autre ou au sol, agitée de mouvements nerveux et elle relève souvent la queue (critère qui peut aider à la détermination).
La Bouscarle de Cetti fréquente les endroits humides, riches en buissons (saules, ronciers, pruneliers) le long des cours d'eau et plans d'eau, dans les marais ou en lisière de boisements humides (aulnaie-frênaie, peupleraie).
Autrefois rare et localisée, la Bouscarle de Cetti est une espèce sédentaire qui progresse. Son aire de répartition s'est étendue vers le nord, avec des observations régulières et une reproduction désormais avérée ou probable en dehors de ses bastions classiques. A Genève, on peut désormais la rencontrer dans des sites comme le marais de Sionnet, la Pointe-à-la-Bise et le Moulin-de-Vert.